Mes très chers amis,

Le Beis Avrohom de Slonim rapporte que le Baal Shem Tov demanda un jour à l’un de ses hassidim de lui parler de son père. Il lui expliqua qu’il avait perçu, dans les mondes supérieurs, qu’il s’agissait d’un homme d’une stature exceptionnelle.

Le fils réfléchit et lui raconta une habitude singulière de son père : il était Hazan durant les Yamim Noraïm, et lorsqu’il arrivait au וידוי, à la confession, au אשמנו, בגדנו, il le chantait avec joie.

Lorsque le Hazan de Zislav arrivait au passage du Ashamnou, il s’exclamait avec une audace toute hassidique :

« Maître du monde, si Tes enfants ne fautaient jamais, où aurais-Tu donc l’occasion d’entendre un si bel Ashamnou ? »

Cette parole contient peut-être tout Yom Kippour.

Et le Beis Avrohom éclaire ainsi le verset :

שובה ישראל עד ה׳ אלקיך

« Reviens ô Israël vers Hashem ton D’ »

Le mot עד peut se lire dans le sens de עדי, une parure, un joyau. La véritable תשובה possède cette force extraordinaire : prendre ce qui ressemblait hier à un déchet et en faire aujourd’hui un joyau. Ce qui nous éloignait d’Hashem peut devenir, par la תשובה, précisément ce qui nous ramène vers Lui.

On comprend alors la joie du Hazan de Zislav. Il ne se réjouissait évidemment pas de la faute ; il se réjouissait de ce que D’ nous donne le pouvoir d’en faire.

C’est peut-être le grand message d’espoir avec lequel entrer dans Kippour. Nous venons avec notre année, avec ses réussites mais aussi avec ses déchets. Et Hashem ne nous demande pas de prétendre qu’ils n’existent pas. Il nous demande de les Lui apporter et de les transformer.

À Yom Kippour, même un אשמנו peut devenir un joyau.

Et c’est cela תשובה מתוך שמחה, la repentance dans la joie: la certitude qu’aucune chute, aucune faute, aucun passé n’est condamné à rester ce qu’il était.

Puissiez-vous toutes et tous être scellés dans le livre de la vie.

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Avec toute mon amitié,