
Proposé par
M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,
Il est des phrases que l’on répète chaque année sans toujours en mesurer l’exigence.
בכל דור ודור חייב אדם לראות את עצמו כאילו הוא יצא ממצרים
« À chaque génération, l’homme doit se voir comme s’il était lui-même sorti d’Égypte. »
Le Hidoushei Harim s’interroge sur la complexité de la formulation :
לראות את עצמו « se voir soi-même »
La Torah ne demande pas de se souvenir, mais de se reconnaître.
Car la sortie d’Égypte n’est pas un événement passé.
Elle est une dynamique permanente.
À chaque génération, et dans chaque vie, il existe une Égypte :
des enfermements, des peurs, des habitudes qui figent et qui détruisent.
On peut appartenir à un peuple libéré et rester intérieurement en exil.
C’est pourquoi la Haggada ne dit pas : « raconte ton histoire» mais plutôt « sois acteur de cette dernière »
En des temps d’incertitude et de tension, où l’histoire elle-même semble vaciller, ce message devient essentiel :
Même lorsque le monde se trouble,
l’homme reste responsable de ne pas s’enfermer.
En somme, le Seder ne pose pas seulement la question du passé,
mais celle, brûlante, du présent, à laquelle nous devrons tous essayer de répondre :
De quelle Égypte dois-je sortir cette année ?
Que cette fête de Pessah soit un temps de joie et d’échanges plus enrichissants que jamais. Qu’Hashem écoute les milliers d’enfants qui réciteront partout dans le monde le Ma Nishtana et interpelleront leurs parents et que nous puissions sortir de notre Égypte.
