Le Dvar Torah du Grand Rabbin - Chabbat Vaye’hi

Proposé par 

M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,

Juste avant de quitter ce monde, Yaakov appelle Yossef et ses enfants pour les bénir.

ועיני ישראל כבדו מזקן לא יוכל לראות

« Les yeux d’Israël [Yaakov] étaient alourdis par l’âge au point qu’il ne pouvait plus voir »

Selon le Deguel Mahane Efraim, il ne s’agit pas seulement d’un affaiblissement physique.
Les yeux du tsadik portent le poids de ce qu’ils perçoivent.
Il voit les dérives, les habitudes qui s’enracinent, les éloignements progressifs.
Et cette vision devient parfois insoutenable. Au point que :
לא יוכל לראות, il ne peut plus supporter de voir !

Pourquoi la Torah dit-elle
וישק להם ויחבק להם « il les embrassa et les étreignit »
et non
וישק אותם ויחבק אותם, qui aurait plus juste grammaticalement ?

Parce que le tsadik ne se tient pas face à un idéal abstrait !
il va vers eux là où ils sont réellement.
Le להם exprime un mouvement de proximité qui respecte la distance,
un amour qui n’efface pas la faille mais qui n’y voit pas un obstacle au partage.

Ainsi, même lorsque le regard ne peut plus soutenir ce qu’il voit, le tsadik ne s’éloigne pas. Il rapproche ויגש אותם, il enlace.
Là où l’œil s’arrête le cœur prend le relais.

À une époque où la déception conduit vite au rejet, le Deguel Mahane Efraim nous enseigne que la grandeur spirituelle ne consiste pas à ne voir que le bien mais à ne jamais renoncer à l’homme.

Une pensée pour toutes les victimes de l’incendie de Crans ainsi que ceux qui sont sans nouvelles de leurs proches.

Que ce Shabbat Vayehi Hazak nous donne les forces nécessaires pour affronter l’exil de Shemot !

שבת שלום ומבורך
A Gut Shabbes
Avec toute mon amitié,