
Mes très chers amis,
Un des passages les plus marquants de la première Sidra que nous lirons demain est celui de la faute du rocher.
Le Tiferet Shlomo nous en propose une lecture extraordinaire.
Depuis la faute d’Adam, l’homme est passé du monde de la ראייה, la clarté visuelle, à celui de la שמיעה, de l’écoute. Adam le reconnaît lui-même, après la faute originelle et son interpellation par D’ :
את קולך שמעתי בגן
« J’ai entendu ta voix dans le jardin »
À l’inverse, au mont Sinaï, Israël retrouve son niveau originel :
וכל העם רואים את הקולות
« Or tout le peuple voyait les voix »
La parole divine n’est plus seulement entendue, elle est vue.
C’est précisément ce qu’Hashem attend de Moshé. En lui demandant de parler au rocher לעיניהם, devant leurs yeux, ce qui semble totalement superflu, Il veut en réalité faire comprendre à Moshé qu’il convient de faire entrer cette génération en Eretz Israël avec cette même clarté spirituelle.
Mais Moshé déclare :
שמעו נא המורים
« Écoutez, ô rebelles »
Selon le Tiferet Shlomo, la faute est là. Moshé s’adresse au peuple selon son niveau actuel, celui de la שמיעה plutôt que de révéler en eux leur niveau potentiel, celui de la ראייה.
La faute n’est donc pas un manque de foi, mais un manque d’ambition spirituelle.
Combien ce message est actuel ! Nous avons parfois tendance à enfermer les autres (ou nous-mêmes) dans leurs limites présentes. La Torah nous invite au contraire à regarder chaque Juif non pas seulement tel qu’il est, mais tel qu’il peut devenir et se révéler ! C’est ainsi que la שמיעה se transforme peu à peu en ראייה.
Un immense Mazal Tov à toutes Bnot Mitsva de notre communauté ainsi qu’à leurs familles.
Que ce Shabbat Houkat Balak vous apporte beaucoup de joie et nous permette de faire jaillir l’eau de notre propre rocher !
