Le Dvar Torah du Grand Rabbin - Chabbat Emôr

Proposé par 

M. le Grand Rabbin
Harold Avraham WEILL

Mes très chers amis,

Le début de notre Parasha nous enseigne au sujet du Cohen :

לנפש לא יטמא בעמיו 
« Il ne se rendra pas impur pour une âme parmi son peuple. »

Le Divrei Ḥaim de Sanz, au nom de son maître Rav Yossele Horowitz de Tarnogród ( frère du Hoze de Lublin) entend dans בעמיו, « parmi son peuple » une résonance de עמימות, à savoir un obscurcissement, une extinction.

Il est des moments où l’homme se regarde et se dit : tout est éteint en moi. La flamme s’est retirée. Il ne reste que des cendres.

La Torah lui répond :

לנפש לא יטמא בעמיו
Ne rends pas ton âme impure à cause de ce sentiment d’extinction.
Ne laisse pas ta chute devenir une identité.
Une braise recouverte n’est pas une flamme disparue.

Le vrai danger n’est pas seulement la faute, mais ce qui l’accompagne: le désespoir, l’auto-disqualification
« puisque je suis טמא, je n’ai plus ma place ».

Ce message se conjugue très harmonieusement avec celui de Pessaḥ Sheni (le second Pessah) que nous célébrons aujourd’hui.

Des hommes déclarent :
אנחנו טמאים לנפש אדם למה נגרע
« Nous sommes impurs, pourquoi serions-nous (pour autant) diminués ? »

Ils reconnaissent leur éloignement, mais refusent d’en faire une exclusion.

La réponse de la Torah est saisissante : il y a un second Pessaḥ.

Même טמא, impur, même בדרך רחוקה, loin, extérieurement ou intérieurement, l’homme n’est jamais définitivement dehors.

Et tant qu’un homme peut dire « למה נגרע », « pourquoi serais-je diminué ? », il n’est déjà plus retranché…

Que ce Shabbat Emor soit une grande source de joie et de sérénité.

שבת שלום ומבורך
A Gut Shabbes
Avec toute mon amitié,